Un Mozambicain à Nice: mon expérience d’hébergement en famille

Anesio Manhiça
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Du 26 novembre au 23 décembre 2017, J’ai participé à un stage linguistique organisé par Campus France à Nice. Depuis cette période, c’est ma ville préférée en France.  J’aime la tranquillité de la ville, j’aime prendre le soleil à la plage, regarder la mer et me promener le soir sur la Promenade des Anglais. La majorité de personnes qui habitent à Nice a des chiens. J’ai eu l’impression d’être dans une ville habitée principalement par des personnes âgées.

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La ville de Nice a été ma première destination en Europe. Je suis arrivé vers 8 heures du matin. Le chauffeur m’a déposé devant la maison de ma famille d’accueil. Quand nous sommes arrivés, il n’ y avait personne. Le chauffeur a appelé la famille : ils étaient sur le chemin du retour et n’allaient pas tarder à arriver. Au bout de 5 minutes, le chauffeur m’a quitté pour continuer son travail. Je suis resté seul à l’entrée du bâtiment. J’ai eu un moment d’angoisse. Je me suis demandé : Que vais-je faire si personne ne se présente ? Je n’avais ni internet, ni portable et je ne savais même pas comment les choses fonctionnaient à Nice.

Par chance, pendant que j’attendais la famille, un couple de l’église « Témoins de Jéhovah » est venu vers moi. Ils m’ont parlé pendant environ 15 minutes et ont fini par m’inviter à l’église. Cette conversation m’a aidé à oublier le retard de la famille et aussi à me relaxer. 5 minutes plus tard, ma famille d’accueil était de retour. Quand je suis arrivé presque devant la porte, un chien aboyant est venu dans ma direction. Je n’aime pas les chiens. J’avais peur et je ne voulais pas entrer dans la maison. Ils ont enfermé le chien dans leur chambre. Campus France est intervenu et la famille a dû emmener le chien chez des amis dans une autre maison.

Pendant que la famille contactait ses amis pour qu’ils gardent le chien, un des collaborateurs de Campus France à Nice, qui avait aussi peur des chiens, m’a emmené pour m’éloigner, me distraire, me faire découvrir la ville, manger et prendre des photos.

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Dans cette famille j’ai beaucoup aimé la nourriture, car elle était saine et diversifiée. C’est dans cette famille que j’ai connu pour la première fois la culture française. Mais j’ai vu des choses qui étaient très bizarres pour moi :

  • Il y avait de grandes télévisions dans les chambres, mais dans le salon, il y en avait une très petite, quelque chose que je n’ai jamais vu dans ma vie!
  • Les premiers jours, on mangeait ensemble avec deux de mes collègues mozambicains, mais la famille ne mangeait pas avec nous. Quand on allait se coucher, ils préparaient leur dîner.
  • Au final, je crois que, dans la maison, nous n’utilisions que la chambre, la salle de bain et la pièce principale à l’heure des repas.

Je suis resté une semaine dans cette famille. Après j’ai changé. Mais nous nous sommes quand même revus avant mon retour au Mozambique. Ils m’ont invité pour un dîner de noël le 22 décembre et aussi pour se dire au revoir. C’était très bien, un bon dîner avec une belle conversation et des cadeaux.

Déménager et changer de famille c’était bien pour moi.  Car cela m’a permis de connaître le mode de vie de deux familles niçoises. Il est vrai que dans la nouvelle famille la nourriture n’avait pas la même qualité et diversité que dans la première. Mais dans cette famille, je me sentais comme dans ma propre famille au Mozambique.

Cette famille était constituée par une femme âgée. Ses petits-enfants venaient la voir à la fin de la journée. Mon premier jour dans cette nouvelle famille a été très amusant. Nous avons regardé le film « l’ombre d’une rivale » ensemble et je les ai présentés à ma « vraie » famille en leur montrant des photos.

Ensuite on est sorti en voiture pour découvrir la ville de Nice et le soir elle m’a présenté la famille de sa fille. Nous dînions ensemble tous les jours. À la fin de la journée, elle me demandait toujours si tout s’était bien passé et quels étaient mes projets du lendemain. Je me souviens d’un jour qu’elle a prié parce que je suis tombé malade pendant la nuit et que je n’avais pas frappé à sa porte pour demander des médicaments.

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Etre hébergé dans une famille d’accueil, ça facilite beaucoup l’apprentissage du français. Pour ceux qui vont rester dans une famille d’accueil en France ou dans un autre pays, il doit être clair que chaque famille porte des cultures différentes de la nôtre. La stratégie de déménagement d’une famille à l’autre peut nous aider à entrer en contact avec la réalité. Je suis maintenant certain qu’il ne faut pas hésiter à changer de famille chaque fois qu’on ne se sent pas bien.

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