Un « hors-piste » enrichissant…

Gael Akpadji
 Dans Article de Gael, TimeOut

Le point de départ.

L’espèce humaine n’est constituée que de deux sortes d’individus : les routiniers (1) et les aventuriers (2). Les premiers adorent s’enfoncer dans le confort de leurs habitudes. Les seconds briseraient le moindre signe de routine qui pointe à l’horizon. La classification est fantaisiste et grossière mais me sert de prétexte pour annoncer que j’aime bien le confort de mes habitudes. C’est encore plus vrai quand j’ai le sentiment d’être débordé. L’une de mes manies consiste alors à ne pas me laisser séduire par les activités qui ne siègent pas dans le cercle de mes priorités. Il me faut admettre néanmoins que la sortie du sentier habituel peut se révéler très enrichissante. J’ai eu l’opportunité de le vérifier au cours de cet automne. Je m’arrête un instant sur cette saison que je trouve absolument délicieuse.

Certes, l’automne annonce façon « Game of Thrones » que : « The winter is coming… », mais la température y est tout de même idéale. Nous sommes loin des pics de chaleur de l’été et le froid mordant de l’hiver n’ordonne pas encore de claquer des dents. De plus, la nature propose des couleurs absolument magnifiques. Jugez-en par vous-même.

Paysage du début d'automne

Les couleurs de la nature en automne

Je suis sous le charme du paysage, mais mon objet n’est pas de parler de la pluie et du beau temps. Dans le même sens, je suis un fan de randonnée, mais ce n’est pas non plus le sujet. Je préfère partager mon ressenti à la suite d’une activité à laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir.

Le contexte.

L’histoire commence avec le cyber harcèlement, un thème délicat intégré à la campagne contre le harcèlement en milieu scolaire.

M.D. la Conseillère Principale d’Éducation (CPE) d’un collège que je connais bien, a décidé de monter une activité en lien avec ce sujet. Elle a conçu un « Escape game « et un cas pratique et m’a sollicité pour une intervention devant les élèves. 

Le hors-piste.

Lorsque M.D. m’a fait sa proposition, j’étais moyennement emballé par l’idée. J’avais ma liste de priorités à l’esprit et elle me réclamait déjà un investissement considérable. J’ai tout de même pris la peine d’y réfléchir un peu. La participation me demandait peu de préparation.

Le plus dur au fond, c’était le « hors-piste » : sortir du sentier de mes habitudes et accepter l’idée de consacrer du temps à un objectif non prioritaire.

Vous devez vous en doutez : l’obstacle n’a pas résisté longtemps. Mon enthousiasme à participer au projet a été le plus fort.

L’enrichissement.

Je me suis donc retrouvé à Rilly-la-Montagne, dans un sympathique collège près de la ville de Reims, avec pour mission d’intervenir sur un cas pratique de harcèlement scolaire.

Plusieurs choses m’ont plu. Premièrement, j’ai travaillé sur une question sur laquelle je n’avais que de très vagues connaissances. Deuxièmement, et c’est le plus important, j’ai été surpris par la vivacité d’esprit des élèves. Leur aisance orale était marquante pour leur jeune âge.

Je pense que certains élèves ont acquis le sens du « privilège ».  C’est une disposition qui pousse de jeunes enfants à « interagir de façon active dans les cadres institutionnels, et à prêts à partager des informations et à demander de l’attention ». Deux élèves de 6ème en particulier m’ont laissé une forte impression. Ils pouvaient s’adresser avec une aisance accrue à des adultes.

Observer le sens du « privilège » (notion que l’écrivain Malcom Gladwell a emprunté à la sociologue Annette Lareau) au sein de mon jeune public et participer au projet éducatif de M.D. m’a procuré beaucoup de plaisir.

La conclusion.

Lorsque j’ai choisi d’écrire un article pour ce blog, quelques idées m’avaient traversé l’esprit et aucune ne m’avait emballé. En revenant de Rilly-la-Montagne, j’en ai discuté avec S.P.L. (l’enseignante du collège). C’est elle qui m’a suggéré de parler de l’activité éducative. J’ai trouvé l’idée géniale. J’y ai travaillé et voilà comment mon histoire des bénéfices tirés d’un « hors-piste » apparaît sous vos yeux.

Que les passionnés de randonnée m’excusent. Ils pouvaient légitimement s’attendre, au regard de l’intitulé, à une aventure en forêt. Ils savent désormais qu’il n’en est rien. Pour ma défense, je n’ai « triché » qu’à moitié: il y a effectivement, comme sur la photo, un chemin dans les bois qui conduit au collège de Rilly-la-Montagne.

Merci de m’avoir lu et à bientôt pour un prochain article.

Explication du code pénal aux élèves

Explication du Code pénal au collégiens de Rilly-la-Montagne

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